• Thomas GROLLIER

Brève cartographique #24


Fidèle lecteur, en ce beau week-end de l'Ascension, cette brève le sera encore plus. Non que les sujets manquent, mais, mon temps oui. Pourtant je tenais à te faire partager une mini-découverte dénichée lors de la création d’une carte d’une centrale solaire proche de Béziers. En cherchant la localisation précise du site énergétique, le fond de carte Google Map m’a révélé un lieu hydrographique étonnant en forme de roue de vélo. L’intervention humaine ne fait nul doute mais n’ayant jamais vu un site comme cela en Europe, j’ai voulu en savoir plus.



Ce que vous voyez ci-dessus est en fait un ancien marécage que la main de l’homme a drainé en direction d’un point central. Les canaux chargés d’amener les eaux sont alors des rayons parfaits. Initialement cette cuvette naturelle avait été créée par l’érosion éolienne puis s’était remplie par l’écoulement naturel des eaux. Pour assécher, rendre salubre et cultiver la zone, un ensemble de 80 kilomètres de fossés drainants ont creusés dès le XIIIe siècle. Les champs ainsi créés sont triangulaires et sont nommés « les Pointes ». Les eaux de ruissellement suivent donc ces canaux radiaux vers un drain central circulaire : le Redondel. On pourrait donc s’attendre à avoir un grand lac au centre car cet endroit est le point le plus bas de la cuvette. Mais il n’en est rien, car les hommes du moyen-âge central ont persévéré avec la construction, depuis le centre de la cuvette, d’un canal en pente inverse des autres prolongé par un aqueduc souterrain d’environ 1400 mètres amenant ainsi les eaux vers l’étang de Capestang. La différence d’altitude et la gravité ont fait le reste du boulot. 800 ans plus tard, ça fonctionne toujours.


L'étang asséché de Montady sur les cartes IGN

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